SAKDA Un court métrage d’Apichatpong Weerasethakul
Durée : 5’30’’ en HD
En coproduction avec la Radio Télévision Suisse 

“J’étais un homme qui s’appelait Rousseau.
Mais aujourd’hui
mon nom est Sakda.
J’ai un petit ami
qui s’appelle Laurent.
C’est un spécialiste des hévéas.
Mais aujourd’hui,
je ne serai plus Sakda,
parce que mon corps
n’appartient à personne,
pas même à moi.
Mais je me souviendrai de la liberté.
Me souviendrai-je de la liberté?
Me souviendrai-je des histoires des hévéas?
Mais aujourd’hui
mon nom est Sakda.”

 Apichatpong Weerasethakul

Une lumière sombre, quelques accords de guitare, un homme susurre dans un micro, puis c’est un enregistreur posé en bordure du Mékong d’où sort maintenant la voix. Cet essai mystérieux revisite quelques thèmes qui sont chers au réalisateur thaïlandais : la réincarnation, la mémoire, l’onirisme.

Les écrits de Rousseau ont inspiré au réalisateur des réflexions sur la société dans laquelle il vit, la Thaïlande. Il s’est toujours intéressé à ses idées d’appartenance, de relations entre les gens et la nature. Il met en scène ici une réincarnation du philosophe qui ignore s’il parviendra à garder sa mémoire.  “Une fois sa voix et son image capturées par la caméra, à qui appartiennent-elles? En est-il le propriétaire?”, se demande-t-il.

Apichatpong Weerasethakul est sans doute le réalisateur, producteur et artiste contemporain thaï le plus estimé aujourd’hui.

Cinéaste engagé, il a réalisé de nombreux documentaires, films expérimentaux, projets vidéo et films de fiction, dont L’Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures, Palme d’or à Cannes en 2009.