CHEMIN FAISANT Un court métrage de Georges Schwizgebel
Durée : 4’14’’ en HD
En coproduction avec la Radio Télévision Suisse 

« Je ne puis méditer qu’en marchant ; sitôt que je m’arrête je ne pense plus, et ma tête ne va qu’avec mes pieds »

Jean-Jacques Rousseau, « Les Confessions » (1770)

A travers des tableaux qui interagissent selon le principe des poupées russes, nous sommes entraînés dans le cheminement tournoyant de la pensée d’un pérégrin, d’un promeneur solitaire…

A rebours d’un Flaubert pour qui on ne peut penser et écrire qu’assis, Rousseau fait partie de ceux – comme Nietzsche, Diderot, Péguy, Kant, Kierkegaard ou Thoreau – qui conçoivent la marche comme hygiène mentale et condition nécessaire au jaillissement des pensées. Une caractéristique de Rousseau qui a plu au cinéaste, qui lui permettait de le distinguer de toute une tradition intellectuelle qui garde, comme chagrinante figure référentielle, celle du sage dans sa tour d’ivoire ou près de son poêle, raisonnant et ruminant, rassis.

 

Né en 1944 à Reconvilier, en Suisse, le cinéaste d’animation Georges Schwizgebel est l’auteur d’une œuvre remarquable. D’une grande virtuosité, son travail se caractérise par une approche narrative ludique et un formalisme spectaculaire intégrant des considérations picturales et musicales. Après une formation aux Beaux-arts, Georges Schwizgebel fonde, avec les cinéastes Claude Luyet et Daniel Suter, le studio GDS à Genève en 1971.

Son court métrage Le vol d’Icare (1974) amorce une carrière riche de 16 films qui lui vaudront de nombreux prix et rétrospectives. La course à l’abîme (1994) est ainsi régulièrement cité par les spécialistes comme l’un des meilleurs films d’animation de tous les temps.